LA BATAILLE DE LA SELLE

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27e et 30e Divisions Américaines

ST SOUPLET

17 Octobre 1918

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http://raven.cc.ukans.edu/~kansite/ww_one/photos/bishop.htm

http://www.ukans.edu/~kansite/ww_one/photos/bin11/bishop.htm

http://raven.cc.ukans.edu/~kansite/ww_one/memoir/Oakleaf/108th.htm

  http://www.concentric.net/~Cvlv692/page3.htm

http://www.rootsweb.com/~tnstewar/kermit.htm


La carte de la bataille


J'expliquais, dans le chapitre précédent, comment l'attaque effectuée par les 27e et 30e Divisions Américaines avait été suivie, le 30 septembre, par l'avance continue des 3e et 5e Divisions Australiennes.

Les troupes de support de la 4e Armée s'engouffrèrent dans la brèche de la Ligne Hindenburg, profitant de la grande désorganisation crée dans les troupes ennemies, résultat de la dure et constante bataille qui s'était installée.

Le 1er Octobre le Général Rawlinson dirigea la bataille prévue pour le matin du 3 octobre à 6h 05 avec le but de s'emparer des hauteurs de la colline Mannequin et des villages de Montbrehain et de Beaurevoir ainsi que de la colline Prospect au Nord-Est de Gouy. Dans l'ensemble, cette attaque fut un succès. L'ennemi tenta de garder Ramicourt mais en fut chassé. À Montbrehain, les troupes Britanniques firent environ 1000 prisonniers et prirent une batterie d'artillerie de campagne. L'ennemi continua de reculer. La route Beaurevoir-Gouy fut atteinte pratiquement sans opposition. Près de la sortie Nord du tunnel (du canal), la ferme Macquincourt fut un des derniers points de résistance à lâcher.

Le 3 Octobre, un prisonnier alsacien affirma que les routes et des endroits à l'arrière, et aussi des maisons et des ponts avaient été minés, préparés à sauter afin de retarder la poursuite.

Le 5 octobre, la 2e Division Australienne attaqua Montbrehain. Ce fut un succès. Il y eu beaucoup de prisonniers et l'ennemi sembla désorganisé. En conséquence de cette profonde pénétration au delà de la brèche faite dans la Ligne Hindenburg, l'ennemi fut contraint de reculer tout le long du front entre Lens et Armentières. Ce jour même, le IIe Corps Américain fut avisé d'avoir à se préparer pour relever le Corps Australien sur le front, la 30e Division pour prendre la relève sur le ligne de front avec la 27e Division en réserve, cette dernière devant faire mouvement probablement vers le 9 octobre.

Au delà de le Ligne Hindenburg, les villages français étaient intacts et la campagne n'avait pas été dévastée par la guerre. En fait ils étaient sous la domination allemande depuis 1914. Alors qu'on avance vers l’Est dans la campagne ondulée au delà de la Ligne Hindenburg, l'obstacle naturel le pus sérieux qu'on doit rencontrer, c'est la Selle. Il était évident que l'ennemi ne reculerait pas au delà de la Selle, mais ferait un autre arrêt le long de la rivière.

Le 6 Octobre, le IIe Corps Américain, composé des 27e et 30e Divisions, était de nouveau affecté en opération active avec la 4e Armée. Comme prévu la 30e Division prit le tête avec la 27e Division en support. Ce jour là, la 53e brigade avança jusqu'aux environs de Tincourt et le jour suivant, jusqu'aux environs d'Hervilly, la 54e brigade occupant le terrain quitté par la 53e brigade.

Le village de Brancourt fut pris par la 30e Division durant l'avance du 8 octobre. Le jour d'après , et sans rencontrer beaucoup de résistance, cette même Division avança vers Becquigny et Busigny. Le 8 octobre, les troupes de la 27e Division marchèrent vers la région de Tincourt que la 54e brigade venait de quitter, avançant vers le région de Bellicourt.

Le 9 octobre, le Q.G. de la Division se déplaça du bois de Buerre à Joncourt. Les troupes Divisionnaires et la 53e brigade avancèrent vers Bellicourt et ses abords, tandis que la 54e brigade avançait vers les abords de Brancourt.

Le 10 octobre, la 30e Division atteignit les abords de Vaux Andigny, la Haie Menneresse et St Souplet. Elle rencontra une vive résistance sur la rive Ouest de la Selle qui était soutenue par d'importants tirs de mitrailleuses venant de la haute rive du côté Est de la rivière. Dans ce secteur, la poursuite de l'ennemi avait été des plus déterminée et vaillante.

Le 10 Octobre, la 54e brigade alla bivouaquer juste au Sud et à l’Est de Prémont en même temps, la 53e brigade fit mouvement dans les environs de Brancourt et les troupes divisionnaires aux abords de Montbrehain.

Il devint clair que l'ennemi avait l'intention de tenir en force sur la Selle. On ne connaissait pas les dispositions de l'ennemi le long du front et le temps couvert et pluvieux avait rendu la reconnaissance aérienne peu satisfaisante. La poursuite était terminée et la 4e Armée était confrontée à la reconnaissance des positions ennemies et la préparation d'une nouvelle attaque.

L'ordre fut donné à la 27e Division de relever la 30e Division dans la nuit du 11 octobre. Ce fut fait et la 27e Division prit le relais sur la ligne s'étendant de St Benin, non compris, à Vaux Andigny (compris).

Cette ligne était longue de 12 km et incluait non seulement le secteur tenu par la 30e Division mais aussi une part de la ligne tenue par la 6e Division Britannique.

Le 11 au lever du jour, la 54e brigade avait marché vers les bois à l’Est de Prémont, la 53e brigade en soutien rapproché à Prémont et les troupes divisionnaires allant vers ce dernier endroit. Le Q.G. de la Division prit fonction à Prémont ce même jour.

Cette relève de la 30e Division s'effectua en exécution des ordres de campagne no 59 et 60 ainsi que 106 et 107 dont on peut trouver les copies dans l'annexe comme l'exposé 40. La 54e brigade tint le front du secteur divisionnaire. Le Quartier Général du Général Pierce fut établi à Busigny. La 53e brigade moins un bataillon du 105e d'infanterie fit mouvement en appui rapproché vers les bivouacs Ouest et Nord Ouest de Busigny, le Q.G. de la brigade étant établi dans Busigny. Le Quartier Général du 108e d'infanterie s'installa à Escaufourt. Ce régiment tenait le front de St Benin jusqu'à l'usine de tissage immédiatement au Sud de St Souplet. Le 107e d'infanterie tenait ce front de ce point Sud jusqu'au côté Ouest de St MartinRivière. De ce point, le front s'incurvait en arrière jusqu'au côté Est de La Haie Menneresse, d'où il était tenu jusqu'aux alentours Est de Vaux Andigny, là où se rejoignait la Division Britannique au Sud. Le Quartier Général du 107e d'infanterie s'installa à Escaufourt. La compagnie D du 106e bataillon de mitrailleuses était en appui sur la gauche du 108e. La compagnie C du même bataillon était sur la hauteur à l'Ouest de la Haie Menneresse. Les compagnies A et B occupaient le terrain immédiatement à L'Ouest de Vaux Andigny. Le 106e d'infanterie était en appui dans la région Ouest d'Escaufourt tandis que le 105e d'infanterie appuyait le 107e d'infanterie. L'occupation de la ligne de front fut rapidement effectuée et le plus commodément possible pour relever promptement la 30e Division qui avait supporté tout le poids de la poursuite. Avant qu'aucune attaque préparée ne puisse être lancer, une réduction de la ligne de front serait bien sur essentielle.

Le Dimanche 13 octobre à environ 13h45, l'ennemi déclencha un puissant tir d'obus sur Busigny. Plusieurs obus éclatèrent dans la cour du château de Busigny où le Q.G. de le Division venait de s'installer. D'autres obus tombèrent sur et autour du Q.G. de la brigade. Au Quartier Général de la Division, un éclat d'obus frappa à la tête le Major Chester H. King du 104e bataillon de mitrailleuses, le blessant sérieusement ce qui nécessita son évacuation rapide. Dans le même temps, plusieurs estafettes à moto attachées au centre divisionnaire de messages furent détruites.

Escaufourt et St Souplet recevaient le même traitement d'obus. À Escaufourt, un obus éclata près du Q.G. du 106e d'infanterie où le Colonel Ward et nombre d'officiers se tenaient. Le Capitaine Enston F. Edmonds, attaché au Q.G. de la 53e brigade fut sérieusement blessé au bras par un éclat et dû être évacué.

Le 14 Octobre, ordre fut donné que la ligne tenue par la 27e Division devait être réduite la nuit même au secteur s'étendant entre W.14.d.5.o au Sud et Q.28.c.o.o au Nord, comme on le voit sur la carte, la 6e Division Britannique occupant le front laissé vacant au Sud et la 50e Division Britannique de même au Nord. Cela fut effectué conformément à l'ordre de campagne no 61. Ceci ramena le secteur de la 27e Division à environ 5 km. À ce moment, la moyenne des forces des compagnies d'infanterie se montait à moins de 60 fusils. La Division ne recevait pas de remplacement. Plus tard, on dut réduire ce nouveau front dans l'objectif de le future attaque en la divisant équitablement entre la 27e et la 30e Division.

Le 14 Octobre, le Commandant de la Division décida d'envoyer un détachement de la 54e brigade en territoire ennemi, dans le but de faire des prisonniers et, par ce moyen, d'identifier les forces opposées ainsi que reconnaître la nature des obstacles qui surgiraient dans l'avance le jour de l'attaque. Il avait semblé au Commandant de Division que dans le passé, des patrouilles avaient subies des pertes hors de proportion avec le bénéfice obtenu et que de telles pertes étaient habituellement attribuées au fait que ces détachements étaient inutilement importants. De toute façon, dans ces circonstances, il fut décidé de donner à l'ennemi l'impression que l'incursion était conduite par une force importante mais en fait, composée de moins 30 hommes. L'artillerie de Division s'arrangea pour faire un tir de barrage sur les 1800m de tranchées ennemies opposées au 108e d'infanterie à St Souplet et d'enfumer les 2 flancs et la zone de support ennemie afin de tromper l'ennemi sur la nature de l'attaque à venir. Le barrage devait s'interrompre pendant 3 minutes, après quoi, le secteur central du barrage, à peu près 200m de large, avancerait, le reste du feu de barrage continuant à tirer sur les tranchées ennemies afin que leurs occupants restent dans leurs abris. Selon le plan, pas plus d’un peloton ne devait suivre la partie du barrage qui se déplaçait et faire des prisonniers pendant que les 2 autres patrouilles, ayant atteint la rivière, avanceraient, l'une en remontant le rivière, l'autre en la descendant , afin de s'assurer de toutes les informations nécessaires concernant sa profondeur, sa largeur et des obstacles. Les détails de la conduite du raid furent laissés au Brigadier General Pierce qui attribua le raid au 108e d'infanterie. Le 1er Lieutenant Charles R. Fritz de la compagnie L fut l'officier choisi pour commander le raid. Les hommes se portèrent volontaires en nombre et un groupe de 22 hommes fut rapidement constitué. À 15h45, le 14 Octobre, le groupe se rassembla à Q.33.d.3.9, le raid fut effectué à 16h en plein jour. Ce fut une complète surprise. L'intensité du tir de barrage ainsi que son large front conduisirent l'ennemi à croire que c'était une attaque sous la couverture de fumée, les hommes du Lieutenant Fritz pataugèrent dans la rivière qui était d'environ 1 m de profondeur. Ils arrivèrent au contact des groupes ennemis dans leurs tranchées abri, près de Q.34.A.3.0, le long du talus de chemin de fer, et à la gare et capturèrent 2 sousofficiers et 22 soldats, n'ayant eux mêmes que 2 hommes légèrement blessés. Les prisonniers Allemands faisaient partie du 414e Régiment d'infanterie de la 204e Division, recrutés dans le Wurtemberg. Ils déclarèrent que leurs instructions étaient de tenir la ligne coûte que coûte. Ils venaient juste d'arriver du front des Vosges. Les groupes de reconnaissance découvrirent que la Selle était étroite, calme mais profonde jusqu'à la taille à certains endroits. Une de ces patrouilles était menée par le second Lieutenant James W. Cross de la compagnie L qui personnellement descendit la rivière en pataugeant depuis le moulin jusqu'au pont principal qui avait été détruit. Cet officier fit un rapport complet de ses observations. Il rendit compte que les berges avaient 1m60 à 1m90 de haut et que la berge est était plus haute que la berge Ouest; que la largeur moyenne de la rivière elle même était de 7m et de 1m à 1m30 de profondeur, que son lit près du bord était mou, mais que son centre était de gravier ferme et que le terrain, de la rive de la rivière jusqu'à la voie de chemin de fer s'élevait graduellement.

La reconnaissance fut un complet succès et ses résultats justifièrent pleinement les plans pour l'exécuter. Le fait que nous n'ayons perdu personne était particulièrement encourageant.

Le jour même où cette reconnaissance fut effectuée, un ordre émanant du Commandant de Corps fut reçu, ordonnant une autre reconnaissance dans le but de vérification. Les arrangements ayant déjà été pris pour une telle opération qui devait, de fait, être effectuée le jour même où l'ordre fut reçu. Il fut possible d’exécuter cet ordre avec une rapidité surprenante et avec les résultats déjà décrit.

Durant la période d'occupation de front du 11 octobre jusqu'au commencement de l'attaque, le 17, il y eut sans arrêt des patrouilles et des tireurs embusqués ainsi que des tirs d'artillerie pour occuper l'attention et tester l'endurance et le moral des troupes ennemies. À la ferme d'Imberfayt à 800m au Nord de la Haie Menneresse, occupée par le Q.G. du 2e bataillon du 107e d'infanterie, le bombardement intensif avait causé un certain nombre de pertes. La ligne près de la Haie Menneresse était soumise au tir constant des mitrailleuses depuis les hauteurs de Bellevue (W.27.a), St Souplet était arrosé d'obus à gaz ennemis.

Le 15 Octobre, conformément aux ordres du IIe Corps Américain, L'ordre de campagne no 62 fut envoyé pour préparer l'attaque qui devait avoir lieu le 17. Ces ordres imposaient que le front, alors tenu par la Division, fut d'avantage réduit par la 30e Division relevant cette partie de la 54e brigade qui tenait le secteur Sud de W.9.b.O.5. Cette réduction aboutissait dans le secteur divisionnaire, ce qui donnait à chaque brigade un front d'environ 1100m. La limite entre les 2 brigades fut fixée à Q.34.c.00. L'ennemi tenait une ligne sur la rive Est de la Selle au Sud, à St Souplet et, de ce point, la ligne continuait sur la rive Ouest de la rivière faisant face à notre ligne, et de là à travers le reste du secteur divisionnaire. L'ennemi avait barré la rivière pour créer des innondations dans le secteur divisionnaire. Les ponts en dur de St Souplet et du Petit Marais avaient été détruits par l'ennemi. À l’Est de la rivière, le terrain s'élevait graduellement sur une petite distance. À environ 300m à l’Est de la rivière, il y avait une voie ferrée qui courait presque parallèle à la rivière, en haut d'un talus d'environ 10 à 13m de haut. La voie enjambait, par un pont en pierre, la route allant de St Souplet vers l’Est, à l'Arbre de Guise et Mazinghien. À l’Est s'élevait une légère pente qui de nouveau s'inclinait vers une vallée courant vers le Nord où se trouvait la ferme de Baudival. Sur la hauteur suivante, il y avait la route principale Le Cateaul'Arbre de Guise, ce dernier village étant à l'extrême point Sud de la limite de la Division. Un point fort organisé, la ferme de l'Avantage, était à courte distance au Nord de l'Arbre de Guise, au sommet de l'élévation. Plus loin vers l’Est, le terrain s'élevait de nouveau vers une hauteur où était localisée la ferme de Jonc de Mer, puis descendait vers une vallée et remontait à nouveau. Au sommet de la hauteur se trouvait la ferme de la Jonquière. Les 2 fermes avaient été organisées en points forts par l'ennemi. Au delà il y avait la vallée de la rivière St Maurice puis une autre élévation au delà de laquelle se trouve Catillon et le canal de la Sambre.

Comme prévu, la redistribution des troupes en préparation de l'attaque fut effectuée sans incident dans la nuit du 14 au 15 Octobre. La position des unités est indiquée sur la carte jointe.

Le 15 Octobre, ayant reçu les ordres du IIe Corps Américain, les Divisions attaqueraient le 17 dans les secteurs qu'on leur avait assignés et, qu'en même temps, le reste de la 4e Armée attaquerait aussi, le IXe Corps Britannique sur la droite et le XIIIe sur la gauche; les ordres de campagne de la Division furent lancés. Ces ordres couvrent les opérations qui devinrent connues comme la Bataille de la Selle peuvent être trouvés dans l'appendice exposé 41. Comme on peut le voir par les ordres, la 54e brigade et le 108e d'infanterie à l'avant et le 107e en support devaient attaquer sur la moitié gauche du secteur de la Division depuis St Souplet pendant que la 53e brigade et le 105e d'infanterie en pointe et le 106e en support devaient attaquer sur la moitié Sud du secteur divisionnaire.

L'artillerie affectée à la Division était celle de la 4e Division Australienne. L'heure H fut fixée à 5h20 du matin, le 17 Octobre. Le tir de barrage devait avancer de 10m en 3 minutes, s'étant d'abord arrêter pour 3 minutes au départ de la ligne d'artillerie. L'infanterie devait avancer sous ce barrage jusqu'à une ligne approximative le long de la route l'Arbre de GuiseLe Cateau à environ 300m de leur ligne de départ. Là, le barrage devait s'interrompre 30 minutes pour donner le temps à l'infanterie de se réorganiser et nettoyer le terrain. À la fin de ces 30 minutes, l'infanterie devait de nouveau suivre le barrage vers le 1er objectif qui était une ligne courant du Nord au Sud et située immédiatement à l’Est de la ferme de Jonc de Mer. Là, la 1ère ligne devait organiser une ligne de résistance et les troupes désignées pour prendre le second objectif devaient avancer et se préparer à continuer l'attaque. L'artillerie devait tirer un barrage de protection pendant 30 minutes, puis allonger le tir et fouiller le terrain plus à l’Est. Après que la 1ère ligne se soit arrêtée pendant 3 heures sur le 1er objectif, les bataillons de 2e ligne devaient passer à travers la ligne de front et continuer l'avance, assistés par les tanks, soutenus par des batteries agissant directement avec eux mais sans le terrifiant barrage. Ils devaient avancer en formation classique vers le second objectif qui était une ligne au sommet d'une hauteur juste à l'Ouest de Catillon où l'infanterie devait arrêter, organiser une ligne de résistance et exploiter immédiatement la ligne du canal de la Sambre. Les bataillons de mitrailleuses devaient soutenir l'attaque avec un tir de barrage de mitrailleuses, le 105e bataillon de mitrailleuses sur la moitié Sud de secteur divisionnaire et le 106e sur la moitié Nord. Le 104e bataillon de mitrailleuses était en réserve divisionnaire immédiatement au Sud de Busigny. Le 102e génie eût la tache de préparer des ponts pour le passage à pied, prêt pour le début de l'attaque et aussitôt que la 1ère vague d'infanterie aurait traversé la Selle derrière le barrage; ils devaient transporter les ponts et les placer aux points qu'on leur avait fixés par instructions spéciales. Au même moment, un important détachement de pionniers devaient entreprendre la réparation du pont sur la Selle à St Souplet qui avait sauté, ou la construction d'un pont temporaire suffisamment solide pour permettre le passage de l'artillerie. Un autre détachement de pionniers reçu l'ordre de suivre l'infanterie après la rivière et d'enlever les débris du pont de chemin de fer qui avait sauté et qui bloquaient la route St Soupletl'Arbre de Guise. Dix chars lourds du 30e bataillon de tanks furent affectés à la Division mais comme on croyait que ces tanks ne pourraient pas traverser le Selle au Nord dans le secteur de la 30e Division, il fut décidé qu'ils traverseraient plus loin au Sud, là où la traversée de la rivière présentait moins de difficultés et qu’ils remonteraient vers le Nord pour appuyer l'infanterie aussi tôt que possible après la traversée. La 4e Armée affecta un escadron du 20e Hussard Britannique à la 27e Division. On fournit à chaque brigade d'infanterie un détachement de cavaliers provenant de cet escadron. Le reste se tint à la disposition du Commandant de Division. En préparation de cette attaque, le Commandant de Division envoya une note personnelle aux Commandants de brigade, datée du 15 Octobre en forme de memorandum de discussion couvrant les caractéristiques des futures opérations et des difficultés qui seraient rencontrées. Le memorandum mit l'accent sur l'importance d'appliquer des méthodes spéciales pour faire front aux difficultés attendues. Voici cette communication qui donnera au lecteur une vue personnelle de la nature des opérations projetées.

 

Ce qui suit est un memorandum de points qui devrait retenir votre attention pour les opérations futures. Ayant peu de temps, et comme ces points devraient recevoir une soigneuse attention, aussi bien des Commandants de bataillons que de régiments, on fournira à chaque Commandant de brigade 6 copies à distribuer de suite à ceux qui sont concernés, si une telle action est estimée souhaitable.

 

1. L'emplacement de la ligne de départ du barrage indique la nécessité d'un repli des unités de la 53e brigade qui, en ce moment, sont en position devant cette ligne. Cette situation devrait faciliter l'exact repérage de la ligne de départ de la 53e brigade. Les avantpostes, au delà de la ligne de départ du barrage ne doivent pas être entièrement repliées, de 15 à 20 minutes avant l'heure H, afin d'empêcher les patrouilles ou les mitrailleurs légers ennemis d'avancer dans notre ligne de barrage.

2. Dans le secteur de la 54e brigade, les maisons de St Souplet devraient aider à matérialiser exactement la ligne de départ.

3. Dans les 2 brigades, la ligne ne devrait être repérée qu'après la tombée de la ligne, le soir procédant l'attaque, mais la ligne de repère serait mise en place d'avance par les officiers compétents et ceci contrôlé par les Commandants de bataillons concernés. Le succès d'une opération de barrage dépend beaucoup de son départ.

4. La Selle sera le premier obstacle rencontré. Afin de coller au barrage, les bataillons de tête auront à traverser la Selle à pied. Simultanément avec cette avance, des détachements de pionniers s'efforceront de placer des passerelles, quatre, sur le front de chaque brigade, pour le passage commode des troupes suivantes. Cependant il devrait apparaître à l'esprit de tous ceux concernés et particulièrement par les Commandants des prochains bataillons , que la chose la plus importante est de traverser au moment exact prescrit. Pour cette raison, si les passerelles ne sont pas prêtes, ils doivent traverser à pied. Si possible pour s'assurer contre le risque d'hommes tombant dans les trous au fond de la rivière, il serait bon de jeter des cordes sur le rivière, assurées de chaque côté, par un objet fixe ou tenu par 3 ou 4 hommes afin que les hommes puissent s'en servir comme d'une main courante. Les pionniers ont entrepris de fournir cette assistance.

5. Sur le ligne de chemin de fer et dans les chemins creux tout de suite après à l’Est, dans le secteur de la 54e brigade, on peut arriver au contact des mitrailleurs ennemis. Les hommes des bataillons de tête ne devraient que désarmer les soldats ennemis qui se rendront et les remettre au support, immédiatement derrière qui à leur tour devront les renvoyer à l'arrière. Ces instructions détaillées doivent être remisent à tous les hommes des bataillons en relation avec ces faits afin que la puissance des compagnies ne soit pas éparpillée avec les hommes revenant avec des prisonniers. Il y aura de la police militaire à St Souplet et beaucoup de troupes suivant les bataillons de tête pour qu'il n'y ait pas d'occasion de s'inquiéter des évasions ou d'actes de malveillance de prisonniers.

6. Si l'ennemi doit offrir une sérieuse résistance au début de l'attaque, ou croit qu'il présentera cette résistance sur le ligne des nouvelles tranchées qu'il a préparé sur la crête à 400m à l’Est et parallèles à la voie de chemin de fer . Les éléments de tête devront passer rapidement au delà de ces tranchées pour garder le contact avec le barrage, laissant les détails du nettoyage et la charge de s'assurer des occupants de ces tranchées. La même consigne pour les prisonniers de ces tranchées que ceux pris sur le voie de chemin de fer car il est important que la puissance de ces unités de tête ne soit pas diminuée à ce stade de l'avance.

7. Au moment d'arriver à cette ligne, l'avance aura couvert une distance de 900 mètres sur la gauche et environ 1500m sur la droite du secteur divisionnaire.

Il apparaît que cette ligne de retranchements constitue un tracé souhaité pour une position faisant face à l’Est. À peu près au moment où notre ligne arrive sur cette ligne générale de tranchées, il peut y avoir matière à inquiétude au sujet de nos flancs. Pour cette raison, il serait bien d'envisager de placer au moins une et peut être 2 mitrailleuses Lewis, prises sur la réserve du bataillon, dans ces tranchées à chacunes des extrémités de notre ligne de secteur. Ces groupes, pour leur défense, devraient être pourvue de grenades. De ce point à l'extrémité Nord de notre secteur, on peut voir sur le carte qu'une telle position permet d'avoir un excellent champ de tir sur le flanc et devrait fournir une réelle sécurité sur ce flanc jusqu'à ce que l'on soit sur que sur notre gauche, la Division Britannique se soit bien installée jusque cette ligne. Une position dans cette tranchée ou tout près du sommet de ce monticule semblerait un excellent endroit pour un ou plusieurs mortiers Stokes et un appui pour un ou plusieurs calibres un qui doivent accompagner le 108e d'infanterie. De cette position, ces armes pourraient traiter avec efficacité une éventuelle résistance dans le chemin encaissé et dans le creux près de Q29 central. La même observation s'applique, dans un sens, pour l'utilisation de ces armes par le 105e régiment d'infanterie à partir du même système de tranchées à la limite Sud de la Division. D'une telle position, les calibres un pourraient traiter leurs cibles dans le village situé en W.8.b. et les mortiers Stokes dans leur rayon de portée. Avec les Divisions voisines, sur nos flancs, possédant ce système de tranchées, ce serait une question d'honneur de foncer et d'engager d'autres actions semblables plus loin.

8. Entre le système de tranchées dont nous parlions et la ligne de pause, on ne croit pas devoir rencontrer beaucoup de résistance , sauf peut être à la ferme de Baudival dans le creux près de Q.29 central, la haie soulignée au crayon rouge en forme de parallélogramme s'étendant au NordOuest depuis le verger dans Q.36.a.9.7 et les chemins creux dans la vallée à 600m au Nord de la ferme de Baudival. Afin d'assurer le flanc gauche du 108e régiment durant la pause de 30 minutes, ce serait bien de fournir une protection spéciale du flanc, juste devant l'arête dans Q.29.b.3.7 ,un mortier Stokes avançant de la position de flanc vers la ferme de Baudival après que celleci fut nettoyée serait une bonne position pour s'occuper de la résistance venant des chemins creux dont nous avons parlé. On pourrait aussi s'en charger avec le calibre un depuis la première position de flanc.

9. La pause de 30 minutes permettra aux troupes de tête d'organiser ces places. Cela leur permettra aussi de se retrancher jusqu'à un certain point le long de la route s'étendant au Nord depuis Q.30 et au Sud à travers le taillis sur la ligne partageant la limite entre les brigades. Cela permettra aussi aux troupes de soutien et de réserve de se régler et de se réorienter.

10. Malgré l'horaire établi, il est probable que les troupes puissent ne pas savoir quand ils arriveront sur la ligne de pause. Ils s'arrêteront lorsque le barrage s'arrêtera et alors il est à espérer qu'ils reconnaîtront la route et les taillis dont nous parlions et qu'ils se retrancheront pour sécuriser leurs flancs. Il est cependant important qu'ils se rappellent bien que la soudaine recrudescence dans l'intensité du tir de barrage constitue le signal d'avertissement et que, durant 2 minutes, le barrage repartira de nouveau en avant. Pour cette raison, ils devront être prêts à démarrer avec le barrage.

11. À l'étude de la carte, il ne semblerait pas qu'on puisse s'attendre à beaucoup de résistance dans la zone de la 54e brigade jusqu'à son arrivée sur la ligne du 1er objectif. De la résistance peut se présenter sous la forme de feu de mitrailleuses depuis Le Quennelet dans Q.24.a. De nouveau, il semblerait souhaitable de fournir une sécurité sur le flanc de cet emplacement en fournissant un groupe spécial pour occuper le crête en Q.24 central jusqu'à ce que la Division Britannique, sur notre gauche, neutralise Le Quennelet. On peut aussi rencontrer de la résistance à La Roux dans R.13.d. ainsi que de la ferme de Jonc de Mer et des taillis en R.25.b.

12. Dans le cas de la 53e brigade, on s'attend à une plus grande résistance car il y a le village de l'Arbre de Guise qu'il faut prendre et nettoyer. Il se peut que la plus grande résistance ne vienne pas du village lui même mais plutôt des bords et des haies le long des routes allant vers le Nord et à l'Ouest du village. Les groupes de nettoyage devront être avertis d'une telle possibilité. Une ou deux mitrailleuses Lewis rapidement montés à l'étage des maisons à la sortie Sud du village devraient fournir une excellente sécurité pour le flanc de la 53e brigade à cette étape de l'avance.

13. En arrivant sur le 1er objectif, les éléments avancés, avec leurs faibles forces, ne devraient pas tenter de consolider une ligne de résistance. Celleci devrait être organisée en groupes et en profondeur, chaque groupe se retranchant en plusieurs positions offrant les meilleurs champ de tir possibles. Dans la 54e brigade, les ruines de la ferme Roux et les taillis devraient donner matière à l'organisation d'un point fort local et il faudra veiller à ce que ses champs de tirs soient bons. Les détachements qui occuperont et tiendront cette place devront être averties d'avoir à surveiller de très près la vallée courant du Nord vers Bazuel car c'est à partir de telles vallées que l'ennemi infiltre ses forces et les rassemble en vue de contreattaques. Pendant l'arrêt de 3 heures sur cette ligne, l'artillerie lourde bombardera cette vallée ainsi que la vallée suivante, à l’Est de celleci. Pareille observation s'applique pour la ferme de Jonc de Mer et les taillis dans la limite entre les brigades. Ce serait bien d'organiser ceuxci en points forts local lors de l'installation de la ligne de résistance. plus loin vers la droite, dans le secteur de la 53e brigade, d'excellents champs de tir peuvent être obtenus avec les haies, pointées en traits rouges, en R31.b.9.8. Sans attendre, on devrait insister pour qu'en arrivant à cette ligne, un feu de signalisation rouge devrait être allumé par chaque escadron pour informer qu'ils ont atteint la ligne. Plus tard, si les avions les appellent par le klaxon en "La" et en lançant une fusée blanche, le feu de signalisation devra être renouvelé sur cette ligne. On ne doit pas allumer les feux de position sans raison durant la pose de 30 minutes précèdant l'arrivée sur le premier objectif à moins que les avions ne le demandent spécialement. De toutes façons, des feux de positions, en quantité suffisante devraient être tenues prêts à servir sur la ligne de l'objectif final.

14. En continuant au delà du 1er objectif, pratiquement toutes les conditions des opérations changent car, comme fixé à la conférence, la Division entre dans une guerre ouverte. De ce point il n'y aura plus de tir de barrage. L'artillerie lourde bombardera des cibles particulières bien plus loin et attaquera les positions des batteries ennemies. Les troupes désignées pour engager l'avance dans cette bataille ouverte auront été amenées durant la halte de 3 heures, selon les ordres des Commandants de brigade, et, à la fin de la pause des 3 heures, sans plus de signal ni d'avertissement, s'engageront en formation de guerre ouverte pour continuer d'avancer vers l'objectif final.

15. Je sais par l'observation et particulièrement sur le terrain tel qu'il se présente sur la zone à couvrir, que la tendance dans de telles opérations est à l'insuffisante élasticité de mouvement. Je veux dire par là que les patrouilles devraient tout d'abord opérer loin devant leurs éléments, ainsi dans le cas du secteur de la 54e brigade, ils puissent conquérir la crête à 1000m à l'avant du 1er objectif. Si ces patrouilles signalent que la crête est nettoyée, la distance entre les éléments peut être réduite jusqu'à ce que la crête soit gagnée et tenue, avec disposition en profondeur adéquats. Les mêmes principes s'appliqueront au secteur de la 53e brigade avec des précautions supplémentaires en relation avec le point fort de la ferme de La Joncquière et des taillis, ce qui je le suspecte peut s'avérer un obstacle sérieux en vue de ses abords du côté ennemi, ses positions de commandement dans le but d'observation et de feu et la couverture offerte aux environs immédiats. Des calibres un, avancés vers la ferme de Jonc de Mer et le feu d'appui des batteries légères directement attachées aux régiments, ensemble avec l'assistance possible fournie par les tanks devraient fournir le moyens nécessaires de surmonter la résistance.

16. Avec la prise de la ferme de La Joncquière, je pense que les seules sérieuses difficultés restantes seront les tirs venant de La Roux, de la ferme Tonnoile en N.28 central, ce Catillon et de la route menant au NordOuest depuis ce dernier endroit et des taillis alentours. De là, je dirais, qu'en étroite relation avec ces obstacles, j'ai mis sur pied cette nuit des tirs hautement destructifs sur tous ces points, à la fois avec l'artillerie lourde et légère, durant tout le jour, demain et aussi la nuit prochaine.

17. Dès que l'objectif final sera atteint, la ligne devra être aménagée en tranchée aussi vite que possible et se préparer à repousser de possibles contreattaques. Je pense que le principal danger viendra du Nord et par conséquent, je crois que non seulement la position dominante en R.9.central devrait être bien aménagée, mais que , si possible, elle devrait être renforcée avec des mitrailleuses et qu'on devrait en placer aussi en couverture des 2 côtés de la crête menant au Nord.

De l'artillerie de campagne et des mortiers Stokes devraient être placés de façon à couvrir efficacement ces 2 tracés. La liaison avec les unités au Nord fixera les limites de leur ligne et l'emplacement ainsi que la nature de leurs points de résistance.

18. L'aire d'exploitation au delà de l'objectif final devra faire l'objet de patrouilles, pratiquement sans délai, en vue de contacter l'ennemi et de s'assurer de son repli. Les informations fournies par ces patrouilles seront renvoyées au plus vite à l'arrière. Le mode de communication le plus rapide sera probablement la radio. Ce qui précède n'est que suggestions sans intention d'instructions spécifiques qui pourrait entraver l'action de ceux en charge des opérations. Les Commandants de brigade et de régiment n'en ont pas besoin mais, sans doute, elles prouveront leur valeur de guide tout au moins pour la coordination du travail des 2 brigades et pour aider le travail des Commandants de bataillons.

 

John F. O'Ryan, Général de Division, 16 Octobre 1918.

 

 

MEMORANDUM SUPPLEMENTAIRE POUR LES COMMANDANTS DE BRIGADE

ARRANGEMENTS PRELIMINAIRES

 

1. L'heure H vous sera communiquée par un officier du personnel de Division.

2. La synchronisation des montres sera effectuée à l'arrivée de l'officier du personnel de Division aussitôt que l'heure juste arrivera du Corps.

3. Des compas de relevé devront être emmenés aux limites et les points élevés de manière à identifier avec précision les positions.

4. Des taches spéciales seront affectées aux groupes de nettoyage.

5. En plus de la protection des flancs, la liaison sera maintenue de l'arrière vers l'avant.

6. Moyens de communication:

lampes de signalisation, dans de récentes opérations, on a découvert que le moyen utilisé avec le plus de succès pour maintenir la communication avait été l'usage de lampes de communication.

Le terrain sur lequel se feront ces opérations offres d'excellentes opportunités pour l'usage de lampes de signalisation. À l'avance, des postes seront établis et les opérateurs pleinement informés de leurs positions.

Téléphone, Interphone, et radio; fuséemessage, messagers. Les routes pour les messagers devraient être choisies les plus pratiques que possible avant l'opération. Afin de réduire les pertes, elles devraient éviter les zones les plus susceptibles être bombardées

Plantons à cheval

7. Provisions

fourniture de bataille:

grenades

feux

plaques d'identité

fusées

nourriture chaude (si nécessaire, s'arranger pour)

rations

8. Stations de pansements: les informations devraient arriver à tous ceux concernés.

9. Information :

Renvoyer fréquemment , même si négative,; soyez précis, notez l'heure sur le message aussi bien que l'heure d'envoi,; déterminez l'endroit exact; envoyez aux officiers d'Etat Major comme un moyen supplémentaire pour sécuriser l'information.

Repérez sur les routes les hommes revenant du front et questionnez les dans le but de s'assurer des fonctions dans lesquelles ils sont engagés. S'ils reviennent de la ligne de front, demandez leur ce qu'ils pensent de la situation.

10. Corrigez les impressions fausses. On a découvert que dans les opérations récentes, des hommes revenant de la ligne de front rapportaient de folles histoires à propos des pertes et des conditions en 1ère ligne. Généralement les impressions sont basées sur un secteur restreint, avec des conditions locales.

11. Les blessés ne devraient être accompagnés que lorsque cela est absolument nécessaire et alors par le plus petit nombre de convoyeurs.

12. Prisonniers : Les gardes seront peu nombreux et devront immédiatement retourner en ligne.

Les prisonniers devront être traiter avec la considération imposée par les règlements (référence G.0.159).

13. Traînards : Maintenant ce sujet est d'importance spéciale. Dans l'optique de la force présente des organisations, utilisez tous les moyens à votre disposition pour empêcher les traînards d'atteindre l'arrière.

Contrôlez vos Q.G. pour que des hommes ne s'y trouvent pas sans autorisation.

14. Appel : L'appel devrait être effectué immédiatement après l'opération pour déterminer le nombre réel d'hommes présents et autant que possible, fixer les pertes.

Même pendant l'opération, un effort constant devrait être fait pour renforcer la puissance de l'unité sous votre commandement; ceci s'applique particulièrement aux comandants de compagnies et de pelotons et aux Commandants de petites unités.

15. Police sur le champ de bataille. Il est important de déterminer le nombre de mitrailleuses et autres armes capturées, d'identifier leurs emplacements et, si possible, d’assurer ces captures. Cependant, ceci n'envisage pas que les troupes doivent être envoyées à l’arrière à ce sujet.

Des plans seront envoyés pour l’évacuation des blessés et des morts.

 

POUR LE GENERAL DE DIVISION O'RYAN,

STANLEY H FORD

Colonel G.S

Chef d’Etat Major

 

 

Ordre No 111 accompagnés des ordres de campagne no 63. On trouvera ces ordres dans l'appendice en tant que part de l'exposé 41.

À ce moment là, la Division n’était plus celle qui avait rejoint la 4e Armée Britannique un mois auparavant. La Division avait rejoint cette Armée avec toutes ses forces et sa puissance sauf que la 53e brigade avait eu des pertes dans les Flandres. Mais maintenant, les pertes très importantes subies lors de opérations sur le Ligne Hindenburg avaient diminué les forces de toutes les unités et , aussi extraordinaire que cela puisse sembler, aucun remplacement n'avait été envoyé pour égaliser ces fortes pertes. En conséquence, la puissance de feu des régiments à ce moment s’établissent comme ce qui suit:

105e 732

106e 405

107e 648

108e 592

Soit une puissance de tir pour la Division de seulement 2377 hommes au lieu des 12000 que la Division aurait dû avoir. Mais ce que la Division manquait en nombre était dans une certaine mesure compensé par l’expérience et l’habileté qu'elle avait acquise. La confiance montrée dans la bataille de la Ligne Hindenburg était toujours là avec, en plus, l’expérience, la réflexion dans la préparation et le mouvement. Pendant les opérations de la Selle, les hommes de la Division firent beaucoup de prisonniers avec moins de pertes que dans le cas de la Ligne Hindenburg. Ceci bien sur, principalement à cause de la puissance des défenses de la Ligne Hindenburg et de la résistance déterminée de l'ennemi, comparé avec les conditions existant dans les rangs ennemis pendant les opérations sur la Selle. En même temps, cependant, on croit que les résultats furent matériellement influencés par la plus grande expérience et compétence montrées par la Division dans les dernières opérations.

Précèdent la bataille du 17 octobre, il y eu des conférences usuelles des Divisions, brigades, régiments et bataillons. Toutes les troupes atteignirent leurs positions de bataille en temps et manières prescrites par les ordres. Le matin de l'attaque, un brouillard épais s'ajoutait à l’épaisseur de la fumée du tir de barrage, ce qui était maintenant devenu la caractéristique des attaques. À l'heure H, le barrage s’abattit le long de la rive Ouest de la rivière où l'ennemi tenait encore des points avantageux, particulièrement au Sud de St Souplet. Durant la semaine précédente, il y avait eu sans cesse des accrochages de patrouilles et des tirs de tireurs isolés de maison à maison aux abords Est de St Souplet

À 5h20, le matin du 17 octobre, lorsque le barrage s’abattit, les troupes avancèrent sur le front du 108e d’infanterie, sur la moitié gauche du secteur divisionnaire, ce régiment attaqua en une colonne de bataillons avec le bataillon de tête sous les ordres du Major Frederick S. Couchman. Le bataillon attaqua avec 2 régiments en ligne et 2 en support suivi par le 3e bataillon sous les ordres du Capitaine Samuel H. Merril qui s’occupait du nettoyage. Le 2e bataillon suivait comme réserve régimentaire. Sans trop de difficulté la rivière fut traversée à pied bien que quelques hommes s’enfoncèrent dans l’eau suffisamment pour tremper leurs masques à gaz qui furent remplacés avec des réserves du bataillon. Dans son avance, le 108e d’infanterie rencontra sa première résistance importante du côté Ouest du talus de chemin de fer. En prenant le dessus sur ces groupes ennemis et en grimpant le haut du talus de chemin de fer, les éléments de pointe du bataillon Couchman se trouvèrent derrière le barrage. Très vite cependant ces éléments reprirent leur mouvement en avant. On s’attendait à rencontrer plus d’opposition à la ferme de Baudival dans Q.29.c. central. Notre artillerie avait copieusement arrosé cet endroit et les bataillons de mitrailleuses avaient déclenché un ouragan de balles pendant un temps considérable, ceci jusqu’à l’arrivée des vagues d’assaut du 108e d’infanterie. L’endroit fut facilement nettoyé et il y eu beaucoup de prisonniers. La ferme de Baudival fut visitée par l’auteur et le Colonel Wainwright dans l’été 1920 et partout, sur les faces Ouest des habitations, on pouvait voir les traces de balles de mitrailleuses. Généralement les maisons étaient en partie détruites par les tirs d’obus. Dans cette ferme, le 108e d’infanterie installa un de ses postes de secours, mais ce jour là et les 2 jours suivant, l’endroit fut soumis à de sévères tirs d’artillerie ennemis. Les positions de mitrailleuses ennemies les plus efficaces rencontrées étaient celles en plein champ loin des fermes et d’autres points proéminents. Des pertes considérables furent infligées au bataillon de tête du 108e d’infanterie dans le chemin creux immédiatement au Nord de la ferme de Baudival. La Division Britannique aux côtés du 108e d’infanterie, au Nord, eut aussi des pertes dans cette localité.

Vers 9h du matin des éléments du bataillon de tête avaient atteint la route allant du Nord au Sud à travers Q.30. , c’est à dire la route de l’Arbre de Guise au Cateau. Là il y eu une résistance sous la forme d’un feu de flanc intense depuis les hauteurs dans la zone de la Division Britannique dans Q.23.central et depuis la ferme de Jonc de Mer dans R.25.a.. Sous le feu intense des mitrailleuses et canons ennemis, le bataillon de tête du 108e d’infanterie, renforcé maintenant jusqu’à un certain point par des éléments des bataillons qui suivaient tint la ligne conquise pendant 3 heures. À ce moment, une puissante contreattaque se développa contre les éléments de droite de la Division Britannique à gauche et cette dernière fut contrainte de reculer de plusieurs centaines de mètres. Cela menaçait d’encerclement le flanc gauche du 108e d’infanterie, et sur leur gauche, leur ligne fut renforcée et incurvée, c’est à dire repliée afin de maintenir le contact avec les Britanniques. Plus tard, la ligne du 108e, vu l’intensité du tir de flanc dirigé contre elle se retira vers la crête immédiatement au Sud Ouest de la route l’Arbre de GuiseLe Cateau et à peu près à 250m de là. Là, le bataillon s’enterra et consolida sa ligne. Le 108e, dans son avance, avait couvert à peu près 2500m. Ils capturèrent plusieurs centaines de prisonniers, de nombreuses mitrailleuses et armes antichars avec 4 pièces de campagne.

Ce qu’on remarquait particulièrement en visitant la zone couverte par cette avance, c'était le nombre considérable d’Allemands tués. Tout le long du talus de chemin de fer, déjà mentionné, on trouva de nombreux morts. Si le lecteur regarde la carte, il y verra en carré Q.35.a., une ligne pointillée indiquant une haie. D’autres haies ne figurent pas sur la carte. Les soldats ennemis avaient creusé des trous et des petites extensions de tranchées au pied de ces haies, ce qui offrait de bons champs de tir. Personnellement, l’auteur vit des groupes d’au moins 20 ennemis morts dans ces endroits. Il était difficile de déterminer en examinant brièvement ces corps quel pourcentage avaient été tués par l’artillerie ou par l’action directe de l’infanterie, mais il était évident que dans son avance du 17 octobre, le 108e avait fait du travail efficace.

À 9h, le soir du 15 octobre, 2 jours avant l’attaque, le Commandant de Division avait chargé l’artillerie de campagne divisionnaire de se préparer à tirer entre 9h et 9h30 du matin le lendemain un barrage léger le long du front de la Division et en même temps enfumer la zone. Ce barrage devait rester 3 minutes sur le front ennemi et puis avancer à l'allure habituelle. Cependant, aucune troupe ne suivrait le barrage. Pendant que le barrage nettoyait chaque ligne de tranchées suspectes, tous les canons qui ne servaient pas devaient arroser les tranchées avec des shrapnells, laissant 2 minutes aux soldats ennemis pour quitter leurs abris après que le barrage eut fait son œuvre, qu'ils puissent prendre leur position de combat et commencer à tirer à travers la fumée qui les aveuglait. Autrement dit, le feu de shrapnels tiré directement au dessus des tranchées et qui suivait un tir de barrage était un leurre utilisé par l'infanterie qui attaquait. L'épaisse fumée avait pour but d'empêcher l'ennemi de savoir que l'infanterie ne suivait pas le barrage. On croyait que les soldats ennemis auraient à peine attei positions et commencé à tirer quand la rafale de shrapnells tomberait sur eux. Les emplacements des canons qui devaient tirer les shrapnells se trouvaient à des distances différentes des cibles, par conséquent, il était essentiel qu'ils ne tirent pas en même temps mais de façon que les tirs arrivent sur les tranchées ennemies simultanément. Cet ordre à l'artillerie fut transmis le matin précèdent le début de l'attaque et on croit que le tir de shrapnels est pour beaucoup dans le nombre élevé de tués disséminés tout le long de tranchées ennemies sur la berge Est de la Selle.

Le même jour et de la même façon, la ferme de Baudival reçut le même traitement. L'Arbre de Guise fut aussi inclus dans cette attaque progressive d'artillerie de même que les fermes de La Roux et de Jonc de Mer.

Jusque là, le rôle attribué à la 27e Division, dans l'artillerie Britannique, avait été de harceler les points de résistance ennemis par des tirs spéciaux directement dirigés contre ces points. Autrement dit, la cible serait bombardée pendant une période de temps préétablie. Toutefois, dès l'arrivée des 1er obus, tous les ennemis s'abriteraient. Comme nous le faisions quand l'ennemi nous envoyait quelques obus. C'était surprenant de voir comment on pouvait disparaître rapidement de la surface de la terre dès l'arrivée d'un ou deux obus.

En conséquence, en relation avec les tirs prescrits par le Commandant de la Division et qui fut connu sous le nom de "tornade d'obus", il fut formulé dans sa note au Commandant d'artillerie ce qui suit:

“Le fait le plus important dans ce plan de tirs de harassement est de se servir d'un grand nombre de canons pour chaque salve au lieu d'un feu rapide par un petit nombre de canons. Les pertes infligées au personnel ennemi par la concentration des premiers tirs de tous les canons employés dépendent beaucoup de leur arrivée sur la cible au même instant ”.

Il semble bien établi que cette forme de tir nourri s'est avéré plus efficace que les interminables tirs de harassement et fut probablement la cause du grand nombre d'ennemis tués trouvés dans la zone couverte le premier jour par l'avance de la Division.

On attirera l'attention du lecteur sur les 3 photos qu'on peut voir ajoutés au texte. Ce sont 3 photos aériennes, prisent obliquement en différents points et qui montrent la campagne entre St Souplet et l'Arbre de Guise. Elles furent prises le 14 octobre. Leur clarté est tout à fait remarquable.

On voit sur la 1ère les abords Est de St Souplet, le talus du chemin de fer et les débris du pont bloquant la route. À la droite de la carrière, barrant le devant de la photo, on voit la ligne de tranchée qui avait été creusée peu de temps avant par l'ennemi. La tranchée de communication la reliant avec le chemin creux derrière peut être aussi observée. La route reliant St Souplet et l'Arbre de Guise est clairement indiquée ainsi que la nature de la campagne vallonnée de cette partie de la France. Ce genre de terrain offrait d'excellents champs de tir pour les défenseurs. L'examen de la photo montrera aussi les haies entourant certains champs et qui offraient d'excellentes couvertures pour les groupes de mitrailleuses ennemies. Ce fut à travers ces champs que le 108e d'infanterie avança le matin du 17 octobre. Tout en haut, dans le coin gauche de la photo, on verra 4 peupliers qui marquent la route menant de l'Arbre de Guise (à droite de la photo) au Cateau, vers le Nord. Face à la photo, le lecteur regarde vers l’Est.

La deuxième photo est une autre prise oblique au dessus des abords NordEst de St Souplet. Elle montre le talus de chemin de fer, en avant, à travers le photo à michemin entre le haut et le bas. On voit la gare en plein centre de la photo. Tout près du coin gauche en bas à droite, on notera les coordonnées Q.24.d.3.9.5. Ces coordonnées y furent évidemment marquées par erreur par le service photo de la 4e Armée Britannique; comme ces coordonnées sur la carte indiquent le pont de chemin de fer qui, de fait, est juste hors du bord droit de la photo. La photo donne une vue excellente de la ferme de Baudival avec le chemin creux qui y arrive de l'Ouest. Au delà de Baudival, on peut voir les grands peupliers marquant la route de l'Arbre de Guise au Cateau et qui avait été prise par le 108e le 17 octobre, quand il s'était rué après la voie de chemin de fer, et nettoyé la ferme de Baudival.

La troisième photo est une autre vue aérienne de la ferme de Baudival prise à environ 1500m au Nord de St Souplet. Sur cette photo on verra également les peupliers marquant le route de l'Arbre de Guise au Cateau. Cette photo montre clairement la ligne de chemin de fer et son haut talus barrant la photo de droite à gauche et juste au delà, St Crépin, le hameau qu'on voit au tout premier plan. Dans son avance à travers le terrain montré sur cette photo, la gauche du 108e d'infanterie arrive dans la photo par la droite et se déplaça diagonalement à travers la photo afin d'y inclure la ferme de Baudival jusqu'au point où la route avec les peupliers quitte la gauche de la photo.

Dans la moitié Sud du secteur divisionnaire, le 105e d'infanterie attaqua en colonnes de bataillons avec le 1er bataillon commandé par le Capitaine Georges F. Bradshaw menant la marche, suivi du 2e bataillon commandé par le Capitaine Charles A. Mac Arthur et le 3e bataillon commandé par le 1er Lieutenant Charles R. Wipple, dans l'ordre précité.

Quand à 5h20, notre barrage d'appui s'abattit, le contrebarrage ennemi, presque immédiatement, tomba sur le front tenu par le 105e d'infanterie. Comme conséquences de ces tirs, le Lieutenant James T. Bergen, Commandant la compagnie E et le Lieutenant A. G. Cunningham Commandant la compagnie H furent tués; ainsi que le Capitaine Raymont F. Hodgden, Commandant la compagnie H et le 1er Lieutenant Léo. F Giblyn, Commandant la compagnie D furent blessés. La compagnie de mitrailleuses qui devait s'avancer derrière le bataillon de tête du régiment eut aussi de lourdes pertes.

Presque immédiatement, les troupes qui attaquaient furent hors de vue dans l'épaisse fumée et le brouillard. Les premiers rapports montrèrent que l'attaque progressait favorablement. À 8h30, le Quartier Général du régiment se déplaça d'Escaufourt à St Souplet. À 9h15, le Colonel Andrews reçut un message du Capitaine Frank R. Potter, Commandant la compagnie E disant que sa compagnie avait atteint l'Arbre de Guise et nettoyait le village. Les compagnies G, H,et I avaient atteint l'Arbre de Guise aussi. La compagnie G, commandée par le 1er Lieutenant Benjamin Buckley était plus au Nord. Avec le message du Capitaine Potter, arriva sous bonne garde 3 officiers prisonniers et 133 hommes de troupes ennemis. La compagnie C et d'autres détachements du 1er bataillon à ce moment traversaient l'Arbre de Guise et essayaient d'avancer vers le NordEst sur le 1er objectif. À 12h27, l'officier Commandant le 2e bataillon fit savoir qu'il avait établi sa ligne sur les abords Est de l'Arbre de Guise et qu'il était stoppé par un intense feu de mitrailleuses ennemies.

On se rappellera que le bataillon de tête du régiment était le 1er bataillon. Quand le feu de barrage ennemi s'abattit sur ce bataillon, il causa tant de pertes qu'il provoqua pas mal de confusion avec, comme résultat, que le 2e bataillon le dépassa emmenant avec eux beaucoup d'hommes du 1er bataillon. Quand le 2e bataillon avec la compagnie C et d'autres groupes attachés du 1er bataillon entreprit le nettoyage du village, pendant que la compagnie C avec les autres éléments du 1er bataillon qui s'étaient avancés plus avant se réorganisaient et tentaient d'avancer au delà de l'Arbre de Guise. À cause de notre manque d’effectif, la résistance ennemie fut suffisante pour nous stopper et par conséquent, les éléments de pointe du 105e d'infanterie consolidèrent leur ligne pour la nuit sur les abords Est de l'Arbre de Guise prolongeant celleci vers le Sud et l'Ouest. À droite, la gauche de la 30e Division, au moment où la ligne fut établie, n'avait pas pu avancer; par conséquent, la droite du 105e d'infanterie fut laissée comme flanc de défense jusqu'à sa liaison avec la 30e Division. Durant l'aprèsmidi et la soirée, la 30e Division établit son front sur une ligne commune avec le 105e d'infanterie.

Le bataillon du Capitaine Mac Arthur avait 2 compagnies en ligne avec le reste de 2 compagnies en support quand ils suivirent le 1er bataillon. À cause de la fumée et du brouillard ainsi que du bombardement intense qui semblait dérégler les boussoles, il était difficile de tenir sa direction. La gauche de la ligne de bataillon longea le côté Sud de St Souplet en traversant la rivière. Sur la ligne de chemin de fer et le talus, nous subimes des pertes mais nous capturames un nombre considérable de prisonniers et de mitrailleuses. La ligne de chemin de fer fut entièrement nettoyée et d'autres nids de mitrailleuses maîtrisés dans l'avance vers l'Arbre de Guise. Des patrouilles atteignirent les 2 flancs du village pendant que des groupes s'infiltraient sur le centre. Durant cette avance, nous essuyames des rafales de mitrailleuses mais la place fut prise et nettoyée avec pour résultat de nombreuses armes et prisonniers capturés. Le Capitaine Mac Arthur déplaça son Q. G. de bataillon à l'Arbre de Guise et ayant réorganisé ses forces, s'efforça avec l'aide d'un tank d'avancer la ligne. Cependant le tank fut mis hors de combat.

Le 3e bataillon, commandé par le Lieutenant Carl G. R. Ross eut plus de difficultés pour atteindre ses postes de bataille. Le bataillon suivit le 2e bataillon à travers Busigny à 3h20 et s'avança vers ses positions au Sud de St Souplet. En route, dans l'obscurité, ils furent soumis à un bombardement intense et à une forte concentration de gaz. Il fallait continuellement porter les masques. Les obus frappant la compagnie L firent qu'une partie de la compagnie et toute la compagnie M furent pour un temps séparés du reste du bataillon, mais ils arrivèrent à leurs positions peu avant que le barrage commence. Le Q.G. de bataillon fut établi dans un fossé près du croisement de routes près de W.2.b.5.3. Quand le barrage s'abattit, le 3e bataillon suivait le 2e bataillon en formation d'artillerie à une distance d'environ 300 mètres, les compagnies I et L en pointe, respectivement sur le droite et sur la gauche, étant suivies par les compagnies K et M. Le bataillon évacua 200 prisonniers faits par le bataillon de tête.

Quand le bataillon arriva à la ligne de chemin de fer, on lui avait confié la protection du flanc droit du régiment, ses dispositions furent réorganisées, il en résulta une pause de 2 heures. La gauche de la 30e Division n'avait pas pu avancer. Cependant, le contact avec cette Division était établie et lorsque son régiment de gauche s'avança, l'avance du 3e bataillon du 105e d'infanterie continua vers l'Arbre de Guise L'avance se fit sans résistance. Apparemment les bataillons de tête avaient bien nettoyé leur zone. Près de l'Arbre de Guise et à distance de protection des troupes, s'y trouvait le Commandant de bataillon. Il reçut un message du Capitaine Potter de la compagnie E demandant des renforts, il était 11h25. Le Lieutenant George, avec la compagnie M fut immédiatement envoyé vers l'Arbre de Guise. En approchant de la crête menant au Nord à partir de l'Arbre de Guise, ils rencontrèrent un intense feu de mitrailleuses. Cependant des unités du 3e bataillon poussèrent en avant pour fortifier la gauche du secteur du régiment. À ce moment le Lieutenant Alexander Granat de la compagnie I fit personnellement une reconnaissance de la gauche du front régimentaire et établit la liaison avec la droite du 108e d'infanterie qui peu de temps auparavant s’était retiré derrière la route du Cateau, comme cela a déjà été dit. Pendant ce temps, les hommes du 105e régiment d'infanterie s'étaient emparé et avaient nettoyé la ferme de l'Avantage à 500m au Nord de l'Arbre de Guise. En avançant, ce bataillon perdit le Lieutenant Walrath qui fut gravement blessé près des tranchées en W.2.d. À ce moment là, le bataillon était très bien commandé par le Lieutenant Carl G. R. Ross de la compagnie M, le Lieutenant Whipple ayant été blessé. Le Lieutenant Ross en arrivant dans les environs de l'Arbre de Guise se présenta au Capitaine Mac Arthur, Commandant le 2e bataillon et qui avait assumé le commandement de troupes du 105e régiment sur le front le plus éloigné.

La compagnie de mitrailleuses du 105e régiment, commandée par le Capitaine Howard Bird, avait 8 mitrailleuses du bataillon de pointe et le reste des mitrailleuses du 3e bataillon. Le Capitaine accompagnait le bataillon de tête. Le Lieutenant Higbee, Commandant le 3e peloton de la compagnie de mitrailleuses allait avec le 3e bataillon. La compagnie de mitrailleuses assurait ses positions de combat à temps. Le Q.G. du Capitaine Bird était en position dans le chemin creux en W.3.c.9.5 une heure avant l'heure H. Le Capitaine Bird rapporte que 2 minutes avant l'heure H, les troupes au Sud du secteur divisionnaire ouvrirent un tir de barrage de mitrailleuses avec pour résultat que le contre barrage de l'artillerie ennemie se replia très vite, son feu débordant sur la droite du front de la 27e Division. Trois gros obus éclatèrent le long de la route près du détachement de mitrailleuses et infligèrent de telles pertes que les hommes furent démoralisés. Ces pertes se montèrent à 10 tués et 45 blessés parmi les hommes de la compagnie et les convoyeurs. Le peloton de mitrailleuses avec le 3e bataillon avança et aida dans la bataille aux alentours de Q.36.b. au Nord de la ferme de l'Avantage. Parmi les survivants du reste de la compagnie, 2 escouades furent équipées et envoyées en support vers le pont de chemin de fer. Le Capitaine Bird alla discuter avec le Capitaine Mac Arthur à l'Arbre de Guise. Ce dernier fit ressortir que compte tenu de la pénurie en effectif dans et autour de l'Arbre de Guise et de la ferme de l'Avantage, il faudrait amener d'autres mitrailleuses afin de repousser de possibles contreattaques ennemies. Au début de la soirée, il y avait 21 mitrailleuses installées, avec de bons champs de tir pour défendre la ligne de la 53e brigade des attaques ennemies. Ces mitrailleuses étaient fournies par les compagnies de mitrailleuses des 105e et 106e régiments et par des détachements du 105e bataillon de mitrailleuses.

Le 105e bataillon de mitrailleuses, commandé par le major Kenneth Gordon avait, à l'heure prévue, avancé pour une position de support. Des dispositions en profondeur avaient été prises pour repousser de possibles contreattaques ennemies et la fumée, les tranchées étaient de sérieux obstacles à enlever, bien qu'ils sachent qu'il y en avait sur le tracé de leur avance.

Ce fut pendant que ce régiment était occupé avec ces tranchées, qu'un très bon travail tel que le réaligement des unités et la réorganisation de l'avance fut effectué par le Colonel Franklin W. Ward, le Lieutenant Colonel John M. True et le Capitaine Murray Taylor, l'officier des opérations régimentaires. Au milieu du bombardement intense et de tout ces gaz, ces officiers se déplacèrent avec la plus grande énergie et, avec leur supervision personnelle, firent traverser la rivière à leurs régiments dans leur propre secteur entre St Martin Rivière au Sud et les abords de l'usine de tissage au Nord.

Le 2e bataillon du 106e régiment d'infanterie, dans son avance, s'était dirigé un peu à droite de son axe de marche correct et s'était mis sous le feu nourri des mitrailleuses ennemies depuis St MartinRivière qui était juste hors de la limite Sud de la Division. Ce feu, depuis St Martin s'avéra suffisamment sérieux pour qu'immédiatement ce bataillon du 106e d'infanterie, avec l'aide de 4 tanks se rue à l'attaque de ce village, s'en empare et le nettoie. Après cette diversion, ils continuèrent vers le talus de chemin de fer. Dans cette attaque de St MartinRivière, ils étaient venus au contact avec la gauche de la 30e Division, mais dans l'avance vers le talus du chemin de fer, ce contact avait été rompu. Des patrouilles furent envoyées depuis le bataillon et le contact avec la 30e Division rétabli à 10h30.

Les 1er et 3e bataillons du 106e régiment ayant nettoyé le système de tranchées déjà décrit, atteignirent la Selle et là, attendirent d'autres ordres. Ce fut à ce moment que le 3e bataillon du 105e, qui était le bataillon de réserve de ce régiment, poussa vers l'Arbre de Guise. Peu après, le 2e bataillon du 106e commença sa marche en avant et arriva à l'Arbre de Guise à 12h15.

Le 2e bataillon était suivi des 1er et 3e bataillons du même régiment et ces dernières unités allèrent en appui dans le chemin creux près de l'Arbre de Guise où elles arrivèrent à 13h30. En appelant bataillon ces unités, le lecteur doit garder à l'esprit leurs forces auxquelles on a déjà fait mention. À ce moment toute la puissance en fusils du 106e régiment était de moins de 400. Le 1er bataillon, en cette occasion, avait moins de 100 hommes.

On se rappellera que les tanks qui avaient la tâche d'appuyer la 27e Division devaient traverser la Selle au Sud du secteur divisionnaire et qu'alors, repartant vers le Nord, sur la rive Est de la rivière (le nouveau monde), devaient arriver pour appuyer les éléments de pointe de l'infanterie dans leur attaque. Cependant, après avoir traversé le rivière, les tanks perdirent leur route dans la brume et la fumée et, à l'exception d'un seul, ne prirent aucune part dans l'attaque, du moins dans la zone de la 27e Division. Un tank arrivera bien à temps dans le voisinage de l'Arbre de Guise pour recevoir l'ordre par le Capitaine Mac Arthur de prendre part à l'effort immédiat pour avancer au delà de l'Arbre de Guise. Cela a déjà été décrit d'ailleurs. Cependant le tank fut détruit par l'artillerie après avoir avancé de moins d'un kilomètre.

Le 102e régiment du génie était commandé à ce moment par le Colonel A. H. Acker, qui avait succédé au Colonel Pillsburry. Les bataillons étaient commandés par les majors Lane et Crimmins. En installant les passerelles sur la Selle, le régiment avait subi de lourdes pertes. Ils effectuèrent très courageusement ce travail. Les sergents Clements, Fitzgerald, Williams et Pfeiffer gagnèrent les louanges bien méritées pour leur valeur et détermination alors qu'ils s'avançaient pour placer les lourdes passerelles sur le rivière. En effectuant ce travail dangereux, le sergent Pfeiffer fut grièvement blessé. Le Lieutenant Herbert E. Ross continua la construction du pont sur la rivière à St Souplet avec le plus grand courage et habileté. Les mêmes commentaires s'appliquent au détachement de génie sous les ordres du 1er Lieutenant Maxwell P. Gray employé à déblayer les débris du pont de chemin de fer.

Vers midi, le génie avait suffisamment avancé la construction du pont sur la Selle pour que les véhicules puissent l'utiliser.

Dans ces opérations, le 102e bataillon de transmissions de campagne réussit plusieurs prouesses extraordinaires. À peine le Capitaine Mac Arthur s'étaitil emparé du contrôle de la situation à l'Arbre de Guise, que le Lieutenant Colonel William L Hallahan, l'officier des transmissions de la Division, sentant l'importance que pouvait avoir le fait de connecter la place par téléphnone, inclua dans son service plusieurs brancardiers et quelques aiguilleurs et les conduisit personnellement, sous un feu intense, avec tout le fil nécessaire à l'Arbre de Guise. Grâce à son courage et initiative, les connections par fil furent établies presqu'aussitot que le nettoyage fut terminé. En reconnaissance de son action magnifique, le Colonel Hallahan reçut du gouvernement Britannique le Distinguished Service Order.

Vers le soir du 17 Octobre, la 27e Division avait avancé la ligne de front jusqu'à la crête à 200m à l'Ouest de la route Arbre de GuiseLeCateau avec les avantpostes près de la route. Sur la moitié droite du secteur divisionnaire, la ligne fut avancée jusqu'à la ferme de l'Avantage et l'Arbre de Guise, les 2 places tenues très fermement avec des avantpostes. Derrière cette ligne qui était tenue par les bataillons décimés du 108e d'infanterie sur la gauche et du 105e sur la droite, le 107e était en soutien dans le creux de la ferme de Baudival avec le 105e bataillon de mitrailleuses occupant de positions de soutien de la ligne de front. Derrière le 105e fut établie la ligne de support à l'aide des unités décimées du 106e d'infanterie qui étaient près de la route à l'Ouest de l'Arbre de Guise. Le soir du 17 octobre, toutes les unités furent réorganisées et dans certains cas, redéployées là où la situation pouvait être améliorée. On verra cependant qu'un très substantielle avance avait été faite et beaucoup de prisonniers et matériel saisis. Dans le matériel il y avait une locomotive et un train de 15 wagons, plusieurs camions; l'un d'eux fut ramené aux USA comme souvenir et il est maintenant à l'arsenal du 107e d'infanterie à New York. D'innombrables armes lourdes antitanks furent aussi saisies ainsi que des mitrailleuses lourdes et légères et des mortiers de tranchée.

La plupart des prisonniers venaient des 413e, 414e et 12e régiments de marine de la 3e Division navale allemande. Ce qui suit est la liste des prisonniers capturé et enregistrés à 15h30 le 17 octobre.

 

OFFICIERS

Capitaines 1

Lieutenants 21

Sous Lieutenant 1

Total 23

 

AUTRES GRADES

1er bataillon 2e bataillon 3e bataillons Cie mitrailleuses total

3e DIVISION NAVALE

1er régiment de marine 12 21 40 73

3e régiment de marine 5 2 5 6 18

Total 91

 

204e DIVISION

413e RI 2 97 99

414e RI 32 92 47 171

120e RI 6 17 4 27

27e FAR 10

8e MW Co 12

563d SAN Co 2

74e Cie Mitrailleuses (lourdes) 3

Total 324

 

24e DIVISION

138e RI 2 2

133e RI 3 3

Total 5

 

243e DIVISION

479e RI 45 19 1 65

122e RI 83 83

Total 148

 

AUTRES UNITES

476e M. W. Cie 1

 

D’après le tableau cidessus, on peut voir que dans les combats du 17 octobre, la Division captura 23 officiers et 569 hommes.

La bataille devait reprendre le lendemain matin. Le Commandant de Division fut avisé par le commandement général du IIe Corps Américain de l’heure de l’attaque et de la ligne sur laquelle tomberait le barrage. Cette ligne, sur le front de la 27e Division courait environ à 200m à l’Est de la route Arbre de Guise au Cateau. Comme on l’a déjà fait remarqué, la route dont on parle, à partir d’un point légèrement au Nord de la ferme de l’Avantage jusqu’à la ligne de frontière divisionnaire au Nord, était en possession de l’ennemi. En conséquence, si le barrage devait tomber comme prévu, il tomberait derrière la première ligne de résistance ennemie. Le Commandant de la Division, pour cette raison, ne fut pas en accord avec ce plan et demanda que la ligne de départ du barrage soit ramenée en arrière pour tomber sur cette partie de route l’Arbre de GuiseLe Cateau au Nord de la ferme de l’Avantage. Le Commandant du IIe Corps en référa au Commandant de la Division, au Général Commandant l’artillerie royale de campagne Britannique attachée au IIe Corps, puisqu’il était bien entendu que c’était cet officier qui avait fixé la ligne de départ de l’artillerie. Une liaison téléphonique avait été établie entre les Q.G. de la Division et les Q.G. de l’artillerie. C’est pourquoi le Général de brigade Burgess de la 4e Division d’artillerie de campagne qui à ce moment là était le chef de l’artillerie de la 27e Division se fit le porteparole de celleci pour exposer au Commandant du Corps d’artillerie les points de vues stratégiques de la 27e qui entraîneraient évidemment une modification de la ligne de départ du barrage pour le lendemain matin. Le Commandant du Corps d’artillerie se refusa à faire quelque changement que ce soit dans les détails du plan de son barrage, objectant que les ordres ne pouvaient être modifiés, que du reste on était en train de signifier à l’instant même aux batteries les détails de l’opération et qu’il ne pourrait donc plus les changer. On lui fit savoir que la position de la ligne d’artillerie devait être déterminée par le Corps d’Armée en charge des opérations, que les autres Divisions de la 4e Armée Britannique à droite et à gauche du IIe Corps d’Armée Américain devaient attaquer en même temps et que le barrage devait commencer partout au même moment le long du front. Cette divergence fut alors traité directement entre le Commandant de Division et l’officier d’artillerie de la 4e Armée Britannique. Celuici établit avec le commandement de Division que vu le moment où le barrage devait commencer et d’autre part que la ligne de barrage avait été fixé par le IIe Corps, que c’était une attaque de celuici, alors la ligne de départ de l’artillerie dans la mesure où elle respectait la ligne générale du Corps, pouvait et devait même sans problème être établie par le Commandant de Division et que ses limites devait joindre à chaque extrémités dans le secteur divisionnaire les lignes de départ de l’artillerie des autres Divisions, qu’il conviendrait simplement de lui intimer les ordres appropriés afin qu’elles soit efficaces lors des tirs sur l’extérieur des flancs de ses Divisions. Ainsi puton opérer le changement nécessaire et grâce au zèle et à l’énergie du Général Burgess, toutes les batteries de l’artillerie divisionnaire furent averties à temps.

En conséquence, les ordres de campagne no 64 de la Division que vous trouverez dans l’appendice du dossier 42, furent émis. L’assaut était fixé à 5h30, le matin du 18 octobre. La ligne de départ du barrage était indiqué dans un memorandum qui suivait l’ordre et ne figurait pas dans celuici, parce qu’au moment où l’ordre avait été émis, on était encore en discussion sur la ligne de départ. Dans ce memorandum, la ligne de départ était fixé au point suivant:

“Q.24.c.4.8 droit vers le Sud, vers la route du Cateau, y compris celleci, de là au Sud-Est sur la route, vers le point Q.36.b.7.1, enfin, en ligne droite vers X.1.a.7.9. ”.

Dans ce memorandum, on décida également que peu après l’heure H, des patrouilles à l’Est de le ligne de départ de la ligne de l’infanterie qui était fixée à 250m à l’Ouest de la ligne d’artillerie reviendraient vers celleci.

Les brigades devaient poursuivre l’assaut dans les soussecteurs qui leur avaient été attribués. Dans les ordres de brigades, il était dit que dans la 54e brigade, le 107e d’infanterie dépassant le 108e, pousserait l’assaut plus avant, soutenu par le 108e, tandis que dans la 53e brigade, l’attaque devait être poursuivie par le 105e avec en renfort ce qui restait d’effectif au 106e. C’était indispensable pour la 53e brigade en raison du trop petit nombre d’hommes au 106e pour tenir le front de l’attaque. La réserve de le Division se composait du 104e bataillon de mitrailleuses, du 102e de génie moins 1 bataillon et d’un escadron du 20e Hussard Britannique. Les 105e et 106e bataillon de mitrailleuses étaient sous les ordres du Lieutenant Colonel Edward Mc Leer junior. Un officier de Division de mitrailleuses devait assurer le soutien en tirant sur des cibles désignées à leur intention pendant la marche en avant du barrage d’artillerie. Jusqu’à la fin de ce barrage, la direction de ces bataillons revint automatiquement aux Commandants des brigades d’infanterie.

Les ordres no 112 et 113 apparaissent également dans l’appendice du dossier 42.

Quand l’assaut commença, le barrage se mit en route comme prévu sur la route l’Arbre de GuiseLe Cateau d’un point juste au Nord de la ferme de l’avantage jusqu’à la limite Nord du secteur divisionnaire ou presque. Le 107e d’infanterie sur la gauche et sur ce front suivait de près, balayant le terrain juste derrière le barrage, il essuya peu de perte, dépassant ensuite des groupes ennemis qui avaient jusqu’alors occupés la route. On voit bien maintenant que si le plan initial avait été suivi, c’est à dire si le barrage s’était élancé derrière ces groupes ennemis, ceuxci auraient pu nous infliger beaucoup de pertes. C’est avec une apparente facilité que le 107e d’infanterie avança jusqu’à la ligne de la ferme de Jonc de Mer, puis gagna la ferme de la Roux. Ces fermes se trouvaient dans la partie Est du plateau figurant sur la carte. L’ennemi tenait bien cette ligne avec ses mitrailleuses et des groupes d’infanterie en renfort. Leur force et l’intensité de leurs tirs nous contraignirent à stopper notre avance à cet endroit. Le Général De Bevoise, à la tête du 107e d’infanterie, se décida très vite à une concentration des efforts pour prendre la ferme de la Roux, près de la limite Nord du secteur divisionnaire. On prit des mesures en conséquence et on dirigea l’assaut sur la ferme, positionnant les mitrailleuses dans les haies avoisinantes et la ferme fut prise. Durant les 2 heures qui suivirent l’arrêt de la ligne d’attaque, le secteur avait pu être nettoyé et les prisonniers évacués. Peu après ce succès, la ferme de Jonc de Mer qui se trouvait à la jonction entre les 2 brigades fut attaquée sur les 2 côtés par des détachement du 107e sur la gauche et du 105e sur la droite; elle fut bientôt entre nos mains.

Pendant ce temps, la 50e Division Britannique sur l’aile gauche de la 27e Division avait progressé en ligne de telle sorte que son flanc droit atteignait pratiquement le 107e d’infanterie à la ferme de la Roux. Cependant la partie gauche de la ligne de cette Division fut provisoirement maintenue sur place, ce qui semble avoir ralenti considérablement leur avance.

Dans le secteur de la 53e brigade, à l’heure H, le 105e d’infanterie avança et fut presque tout de suite aux prises avec de multiples tirs de mitrailleuses ennemies provenant de nombreuses haies avoisinantes.

Dans le zone de la 30e Division, sur la droite, parvinrent également d’importants tirs d’enfilade. C’est ainsi que la progression du 105e d’infanterie fut retardée par le combat qui suivi et on perdit le barrage. L’avance, cependant était lente mais constante, grâce à la détermination et à l’habileté au combat des patrouilles qui encerclèrent les positions de mitrailleuses ennemies, l’une après l’autre, capturant ou tuant les opposants. Quant leur ligne atteignit la ferme de Jonc de Mer, elle fut stoppée comme expliqué précédemment jusqu’à ce que cette ferme fut prise avec l’aide sur la gauche des détachements du 107e d’infanterie. Dans le secteur de la 30e Division, il semble que leur assaut ait été perturbé par le fait que le IXe Corps Britannique sur leur droite avait reçu l’ordre de ne pas attaquer avant 11h du matin. Afin que, sur sa droite, la 30e Division ne perde pas le contact avec la 6e Division Britannique, il était nécessaire pour la brigade à droite de la 30e Division de refuser l’aile droite lors de l’avance de la brigade. Il en résulta un retard de la 30e Division. De ce fait, quand le 105e d’infanterie atteignit la crête de Jonc de Mer et fut dans l’incapacité de faire la jonction avec l’aile gauche de la 30e Division, on envoya des patrouilles pour établir le contact. C’est sous un feu nourri que ces patrouilles arrivèrent de Mazinghien qui se trouvait dans le secteur de la 30e Division. L’aile droite du 105e d’infanterie fut à son tour arrêtée en direction des haies au proche Est de l’Arbre de Guise. Cette extension du front du 105e d’infanterie fut rapidement télégraphiée de l’Arbre de Guise et à 15h, la compagnie F du 102e génie, comportant presqu’autant d’effectifs qu’un bataillon d’infanterie, fut envoyé en renfort des 105e et 106e qui avaient entre temps fusionnés. La compagnie F du génie, sous les ordres du Capitaine Peter F Burns fut envoyée fut envoyée à la ferme de l’Avantage, désormais 1800 m derrière la nouvelle ligne de front.

Quand le 105e d’infanterie s’élança, le matin du 18 octobre, le 3e bataillon du régiment était commandé par le 1er Lieutenant Charles R. Whipple. Les vagues de tête de la moitié gauche du groupe de bataillon ne comptaient pas plus de 40 hommes, sous les ordres des lieutenants Alexandre Granat et Marvin L. Atkins. Ce sont ces hommes qui, aidés par des éléments du 107e d’infanterie, nettoyèrent la ferme de Jonc de Mer. On rencontra une impressionnante résistance sur la route encaissée menant direction SudEst de Jonc de Mer à Mazinghien. Après avoir âprement combattu sur le front du 3e bataillon du 105e d’infanterie, environ 150 soldats ennemis furent pourchassés sur le route qui descend vers Mazinghien. Ils laissaient derrière eux beaucoup de compagnons tombés au combat. Des patrouilles prirent position sur la crête de Jonc de Mer qui, on s’en aperçut, était très bien agencé avec des abris creusés ou construits. Deux mortiers de tranchées, 6 mitrailleuses légères, 5 mitrailleuses lourdes, 3 armes antichars, un grand nombres de grenades et de petites munitions y furent retrouvés. Le Lieutenant Whipple, Commandant de bataillon, lorsqu’il rédigea son rapport sur ces opérations, nota avec insistance le grand courage, la détermination et l’habileté des hommes qui constituaient le petit groupe que comptait son bataillon.

Dans tous les rapports qui nous sont parvenus, il apparaît clairement que la défense ennemie était à bout de souffle et moralement défaite. C’est grâce aux groupes de mitrailleuses qu’ils tenaient encore, renforcés par des détachements d’infanterie, soutenus à leur tour par les tirs d’artillerie des hauteurs de Catillon.

Une opposition dans un tel état d’abattement eu certes pu être débordée par un assaut dynamique de nos forces conduit par des troupes fraîches composées par un grand nombre de recrues. Malheureusement, les troupes de la 27e Division à ce moment là avaient été maintenues sur la brèche depuis les 1112 octobre, en d’autre termes 7 jours et 7 nuits sans défaillir, sans presque de repos. Pendant cette période, ils s’étaient engagés activement contre l’ennemi et leurs forces s’étaient épuisées, à tel point que chacune des compagnies d’infanterie ne comptait guère plus de 20 à 30 hommes. Les mitrailleurs ennemis étaient adroits et courageux. Dans de nombreux cas, ils firent feu tant qu’ils le purent. Leurs détachements en renfort manquaient de moral et souvent cherchaient l’occasion de se rendre. En considération de ces conditions, le Commandant de Division décida que la 53e brigade sur la droite et le 107e d’infanterie sur la gauche pousserait en avant le front en réalisant un assaut de nuit entre le 18 et le 19 Octobre.

Aussi, de très bonne heure, le matin du 19 octobre, les éléments de tête de la Division lancèrent l’assaut. L’avance fut une réussite, on fit progresser la ligne, traversant le vallon de Jonc de Mer jusqu’à la crête qui le sépare de celui de St Maurice. Sur cette ligne, on note la présence de la ferme de La Jonquière et la Cheminée du Nord. On envoya des patrouilles jusqu’à la petite rivière St Maurice. Au petit jour la ligne de la 27e Division était en voie de consolidation sur la crête en question, avec le 108e d’infanterie en renfort du 107e et la compagnie F du 102e génie en renfort de la 53e brigade. C’est au matin du 19 octobre que le Commandant de Division fut informé que le 118e d’infanterie, sur la gauche de la 30e Division,était retenu sur le front de Mazinghien et encouru de très nombreuses pertes. Un coup sur la carte montrera que Mazinghien à ce moment précis constituait une sérieuse menace pour le flanc droit de la 27e Division, mais que d’un autre côté, la position même des troupes de tête de la 27e Division constituait, elle aussi, une menace pour l’aile droite des forces ennemies postées à Mazinghien. Des dispositions furent donc prises par téléphone entre les Q.G. de la 27e et 30e Divisions pour que les troupes de réserve de la 27e fassent mouvement vers la zone de la 30e Division et menacent Mazinghien par le Nord. Pendant la mise en œuvre de ce plan, les troupes de la 30e Division étaient réorganisées pour renouveler une attaque sur Mazinghien. Les troupes de réserve de la 27e Division, organisées pour l’attaque de flanc étaient constituées d’un groupe du 20e Hussard Britannique, un peloton de la compagnie B, du 104e bataillon de mitrailleuses commandées par le 1er Lieutenant Clarence R. Hancock, de la compagnie F et du 102e de génie. Ce détachement ayant atteint le verger dans R.26.d., se déploya et commença la bataille vers le Sud. Cette démonstration suffit à faire fuir les troupes allemandes de Mazinghien et peu après, les troupes de la 30e Division entrèrent dans le village et allongèrent leur ligne vers la gauche afin de rétablir le contact entre les 2 Divisions. Le soir du 18 octobre, le Commandant de Division avait discuté avec le Général Burgess, Commandant de l’artillerie divisionnaire, de la possibilité d’appuyer l’avance du 19 octobre par l’accompagnement d’une batterie dans chaque secteur de brigade, ces batteries avançant audacieusement et aidant par leur tir à réduire les nids de mitrailleuses ennemis. L’officier d’artillerie n’était pas d’accord. Selon lui, en occupant des position aussi avancées, les batteries subiraient des pertes inutiles sans pour cela accroître leur efficacité pour réduire les positions ennemies. Apres l’examen attentif de cette question, le Commandant d’artillerie reçut l’ordre d’envoyer les batteries en avant, ce qui fut fait. Des liaisons directes furent établies entre les batteries et les Commandants de bataillons de tête et tel que cela se présentait les 19 et 20 octobre, ces batteries apportèrent un support très rapide et efficace aux petits groupes d’infanterie qui constituaient nos vagues d’attaque.

Le matin du 19 octobre, le Commandant de Division visita la batterie dans le secteur de la 53e brigade. Le commandement avait gagné une position sur la pente de la crête, à l’Ouest de la ferme de Jonc de Mer, et apparemment, n’avait pas été découvert par l’ennemi. De toutes façons la batterie, tout le jour durant, échappa au bombardement lourd et tira vite et avec succès sur les points de résistance ennemis. Le détachement du Commandant de Division, à cheval, était constitué du Capitaine Joseph Eddy, du Commandant de Division et du soldat Leslie Hunt, ordonnance. Il traversa les lignes des 108e d’infanterie et la batterie d’artillerie. Dans les précédentes visites d’inspection des zones de combat, les déplacements avaient toujours faits à pied, c’était l’usage. De tels déplacements sont très lents et parfois on se précipite dans des trous d’obus pour esquiver les éclats. Un cavalier peut cependant passer dans une zone bombardée beaucoup plus rapidement et peut souvent éviter de telles zones en se déplaçant rapidement d’un côté ou de l’autre.Les conditions de bataille, rencontrées lors de la bataille de la Selle, firent qu’on ne voyait jamais de cavaliers dans les positions avancées des Divisions qui attaquent. L’expérience fit que l’on envoya des détachements du 20e Hussard pour servir de messagers à cheval entre les postes de commandement des bataillons, régiments et brigades. Pendant les opérations victorieuses de la bataille de la Selle, les cavaliers du 20e Hussard rendirent des services prompt et efficaces avec peu de pertes. Pour la première fois, dans des opérations actives, des messages furent transmis avec un court délai depuis les points avancés vers la station de téléphone la plus proche ou directement vers le poste de commandement regimental ou de brigade. Cette innovation fut par conséquent plus efficace pour la communication et le renseignement.

Dans la nuit du 19 octobre, le 108e d’infanterie releva le 107e. Cette relève fut terminée à 2h du matin. Des patrouilles du 108e poussèrent vers la route CatillonBazuel, apercevant le clocher de Catillon et le canal de la Sambre. Sur la droite du secteur divisionnaire, les survivants du 105e joints à ceux du 106e poussèrent également des patrouilles sur la droite au R.22.central, apercevant aussi Catillon. La principale ligne de résistance était établie sur la rive Est de la rivière St Maurice.

Les succès de la Division lors des opérations de la Selle ne s’est pas fait sans la perte de quelque uns de nos meilleurs officiers et soldats. L’un d’eux était le Capitaine Clinton E. Fisk, Commandant le 1er bataillon du 107e d’infanterie et qui fut tué par un obus le 18 octobre près de la route Le Cateaul’Arbre de Guise. Sa disparition fut vivement ressentie dans toute la Division, pas seulement à cause de sa gentillesse et de sa valeur de soldat mais pour des raisons sentimentales. Le Capitaine Fisk servait dans le 107e bien avant la guerre et était le fils du Colonel Willard C. Fisk qui commandait le régiment à Camp Wadsworth et qui l’amena en France.

On doit aux 105e et 106e d’infanterie un spécial honneur pour le courage déployé par les officiers et les hommes de troupe dans leurs efforts continus depuis le début de la bataille, le 17 octobre. À cette date tout le personnel était au bord de l’épuisement. Depuis le 11 octobre, ils avaient été constamment sous le feu des obus et des gaz, les éléments avancés sans cesse sous le feu des mitrailleuses. Cependant, on demanda aux troupes de tenir leurs positions durant toute la journée du 20 octobre, pendant que les Divisions s’avançaient sur la droite et la gauche en prolongement de la ligne de la 27e Division. La 50e Division Britannique s’empara de Bazuel et assura le flanc gauche de la 27e. Finalement dans la nuit du 20 au 21 octobre, la 27e Division fut relevée par la 6e Division Britannique. Le reste de l’infanterie de la Division fut rassemblée dans le secteur de St Souplet et de Busigny le 21 octobre. À St Souplet, le détachement de la Croix Rouge, sous les ordres du Capitaine Stephen N. Bobo apporta un réconfort particulièrement efficace, fournissant du chocolat et des cigarettes aux hommes traversant cette commune.

Un grand nombre de prisonniers fut capturé durant ces opérations. À un moment ils furent si nombreux que certains détachements allant vers l’arrière ne furent pas comptabilisés. Certains détachements de prisonniers furent directement emmenés vers des camps alors que d’autres furent emmenés dans la zone de la 30e Division. Cependant les registres des camps montrent que la Division captura 48 officiers et 1463 hommes de troupes durant ces opérations.

Les pertes s’élevèrent à 12 officiers tués, 33 blessés et 22 gazés. Pour les hommes de troupes : 156 tués, 36 morts de blessures, 833 blessés et 401 gazés. Personne ne fut fait prisonnier par l’ennemi. Au total, 194 furent tués ou sont morts de blessures, 866 blessés et 423 gazés.

Durant ces opérations, une très grande quantité d’armement, de provisions et de matériel fut capturé. Cependant, très peu d’hommes étant disponibles pour autre chose que les combats et on ne fit pas grand chose pour rassembler ces prises.

La conduite des officiers et des hommes de la Division durant la période éprouvante des opérations de la Selle fut magnifique. Ils répondirent toujours loyalement à ce qui leur était demandé et, vers la fin des opérations, on aurait dit que les hommes, particulièrement les régiments d’infanterie, étaient poussés au delà des limites de l’endurance humaine. Il est difficile d’imaginer un sentiment de sacrifice personnel pour le bien de tous. Les officiers et les hommes en donnèrent un magnifique exemple, comme la 27e Division, qui bien que décimée, combattit sur la Selle du 11 au 20 octobre 1918.

Le matin de la relève, le Commandant de Division, avec un ou deux officiers d’Etat Major, vit les survivants de la 54e brigade traverser St Souplet, allant vers l’arrière. Apparemment certains hommes marchaient en dormant. Ils étaient couvert de boue et beaucoup saignaient de coupures ou de légères blessures. À première vue, ils semblaient à demi hébétés, chacun fit un suprême effort, ne serait ce que par un regard, pour montrer que leur moral était toujours intact. Il est naturel, pour chaque Commandant, d’être fier de la conduite de ses troupes qui ont combattues bravement sous ses ordres et dans des conditions de bataille exténuantes. Malgré tout, rendant hommage pour ce sentiment naturel, l’opinion bien réfléchie de l’auteur est qu’aucun officier général dans la guerre n’a commandé plus intelligentes, déterminées, disciplinées organisations militaires que celles qui battirent la 27e Division durant la guerre mondiale.

Après les opérations de la Selle, la Division reçut les louanges officielles pour sa participation dans la bataille. Les communications suivantes sont quelques unes de celles qui font l’éloge des officiers et des hommes pour ce qu’ils accomplirent durant cette période.

 

 

QUARTIER GENERAL DE LA 27e DIVISION, USA

FORCES EXPEDITIONNAIRES AMERICAINES EN FRANCE

Bulletin No 103 21 octobre 1918.

Depuis le 25 septembre, sur une période de presque 1 mois, la Division a été presque continuellement engagée dans la marche et la bataille. Certains de ces combats jouèrent un rôle prépondérant dans une des batailles les plus acharnée de la guerre, la percée de la Ligne Hindenburg. Nous avons subi la perte de certains de nos meilleurs officiers et hommes de troupe, mais de telles pertes, malheureusement, sont parties inhérentes des batailles d’une telle ampleur. Seules des Divisions hautement entraînées, disciplinées, avec une confiance et un moral au plus haut, pouvaient accomplir ce que la Division et nos camarades de la 30e Division ont fait. Seules de telles Divisions ont pu consentir aux sacrifices demandés et, avec un moral intact, reprendre l’offensive de la manière caractéristique des opérations des 2 dernières semaines.

Ce n’est pas ici l’occasion de décrire les défenses de la Ligne Hindenburg ou des détails de la batailles qui a conduit à percer. Cela sera sans doute fait après la guerre. Le même commentaire s’applique aux détails des opérations depuis cet engagement. Toutefois le Commandant de Division ne peut taire l’expression de son admiration et de respect par la valeur et la discipline aussi bien que l’endurance et le cran manifestés par les officiers et leurs hommes tout au long de cette longue période de batailles. Ces sentiments sont amplifiés par les événements de cette dernière semaine. Alors que réduite en effectifs, la Division attaqua l’ennemi, s’empara de St Souplet, força le passage de la Selle et, contre une forte opposition, attaqua avec succès les hauteurs au delà de la rivière. Depuis cette date, la Division attaqua tous les jours, prenant de force l’Arbre de Guise, prenant nombre de fermes fortement fortifiées, forçant l’ennemi à se retirer vers le canal de la Sambre.

Au cours de cette dernière avance, la Division fit plus de 1400 prisonniers et captura un grand nombre de matériels militaires, canons, mitrailleuses, mortiers, munitions et un stock de matériel ferroviaire. Dans toute cette bataille, la détermination de la résistance ennemie et l’étendue de ses pertes sont indiquées par leur grand nombre de tués sur le terrain. Les efforts du dernier mois constituent un résultat dont on peut être fier et leur valeur est indiquée dans la lettre de louanges du Commandant en chef des forces expéditionnaires Britanniques qui a été publié pour information à la Division.

Les officiers et les hommes ont justifié l’estime dans laquelle la Division était tenue quand, après son arrivée en France, elle fut choisie pour tenir le secteur du Mont Kemmel pour s’opposer au grand effort de l’ennemi pour se frayer un chemin vers la mer. Ils ont justifié leurs grandes qualités de combattants quand la crise, consécutive à l’évacuation du Mont Kemmel fut passée et que, très vite, la Division attaqua et s’empara de la crête de Vierstraat, étant, avec la 30e Division la 1ière troupe Américaine à combattre en territoire Belge.

 

John F. O’Ryan Général de Division.

 

RAPPORT OFFICIEL BRITANNIQUE

 

Samedi 20 octobre 1918

 

Dans le déroulement des 3 dernières semaines, les 27e et 30e Divisions du IIe Corps Américain, opérant avec la IVe Armée Britannique, ont pris part avec vaillance et succès, dans les 3 opérations offensives majeures et étant engagées dans de nombreuses attaques de moindre importances. Dans le déroulement de ces combats, elles ont démontrées des qualités guerrières de très haut niveau et ont matériellement aidé au succès de nos attaques.

Ayant combattu avec les plus grandes impétuosité et bravoure dans la grande attaque du 29 septembre qui brisa la Ligne Hindenburg et s’étant emparé à cette occasion des villages de Bellicourt de Nauroy, ils capturèrent de nombreux prisonniers. Le 8 octobre les troupes du IIe Corps Américain attaquèrent dans les environs de Montbrehain. En trois jours de batailles victorieuses, ils avancèrent de 11 km depuis Maton jusque St Souplet, submergeant une résistance déterminée et s’emparant de plusieurs villages et bois très défendus.

Durant les trois derniers jours, le IIe Corps Americain a de nouveau attaqué journellement et chaque fois avec succès, bien que la résistance ennemie ait été très obstinée. Se frayant un chemin en combattant depuis St Souplet jusqu’aux hauteurs, à l’Ouest du canal de la Sambre, ils ont partout brisé la résistance ennemie, repoussant de nombreuses contreattaques et réalisant un avance de presque 5 kilomètres. Plus de 1000 prisonniers et de nombreux canons ont été pris par le IIe Corps Américain.

 

TELEGRAMME OFFICIEL DU GENERAL H. S. RAWLINSON,

COMMANDANT LA 4e ARMEE BRITANNIQUE.

IIe CORPS AMERICAIN

 

Maintenant que le Corps Américain est redescendu des lignes pour une période de repos et d’entraînement bien méritée, je désire mettre en avant mon appréciation pour la grande bravoure et l’excellent esprit de soldats qu’ils ont montré tout au long des récents et durs combats.

La percée de la Ligne Hindenburg associée avec les prises de Brancourt, Busigny et St Souplet et finalement le passage en force de la Selle, constituent une série de victoires dont chaque officier et homme de troupe ont toutes les raisons d’être fiers.

Le Corps a été appuyé par l’artillerie du Corps Australien à qui je désire dire mes remerciements pour leur habileté et endurance pendant les longs mois où ils ont été en action.

L’efficacité avec laquelle le travail des officiers d’Etat Major ont accompli leur tache dans cette première expérience, en tant que Corps sur la ligne de bataille m’a rempli d’admiration, et j’attribue cela largement au zèle et à la détermination qui n’a cessé d’animer le corps entier.

L’exceptionnelle particularité de leurs récentes victoires a été la bravoure surprenante et le sacrifice de soi montrés par les officiers et leurs hommes. Je les félicite pour leurs prouesses et leur offre tous mes remerciements pour la part prépondérante qu’ils ont pris dans les récentes opérations.

Maintenant, le Corps peut avoir une période de repos pendant laquelle on s’attachera à l’entraînement de plus petites unités pour des tactiques de moindre importance, comme l’attaque de points forts et de nids de mitrailleuses. L’expérience acquise dans les combats réels les aidera à améliorer leur efficacité.

En remerciant tout le Corps pour les grands services qu’il a rendu à la cause alliée, je désire souhaiter aux hommes de tous grade, mes meilleurs vœux pour l’avenir.

 

H. S. Rawlinson

Général Commandant la 4e Armée

Quartier Général de la 4e Armée

 

 

Dans les jours qui suivirent la relève, la Division continua sa marche vers la zone de Tincourt. Ceci en accord avec les ordres de campagne no 65 et 114 comme inclus dans l’appendice de l’exposé 43.

En arrivant dans la zone de Tincourt, la Division fut envoyée au repos du côté de Roisel. La région choisie était celle de Corbie et comprenait des villes détruites telles que Villers Bretonneux, Corbie, Hamel et d’autres endroits qui marquaient les points extrêmes de l’avance allemande le printemps précèdent. La région n’était guère accueillante pour des troupes qui avaient grandement besoin de repos et de récupération. La plupart des endroits dans cette zone n’étaient plus guère que ruines, en particulier Villers Bretonneux. Cependant, pour d’autres troupes de combat envoyées au repos ce n’était pas mieux. En comparaison avec ce qu’ils venaient d’endurer, les habitations à moitié démolies leur semblait un havre de confort.

L’état descriptif officiel montre que la 27e Division fit au total 2357 prisonniers durant ses opérations, répartis comme suit:

 

officiers hommes du rang

Crête de Vierstraat 47

Ligne Hindenburg 17 782

Rivière la Selle 48 1463

Total 65 2292

 

FIN

 

Texte traduit du livre: THE STORY OF THE 27th DIVISION

By Major General John F. O’RYAN

1921

Tome I

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